FRONT POLISARIO

Représentation pour la Suisse et l'ONU à Genève

COMMUNIQUE

C

Les villes occupées du Sahara Occidental, et principalement El Aiun la capitale sont depuis le 20 mai 2005 -date qui coïncide avec les festivités marquant le 32e anniversaire du déclenchement de la lutte du peuple sahraoui - le théâtre d'une intense campagne de répression menée par les autorités marocaines contre la population civile sahraouie qui continue de défier la réaction démesurément violente du gouvernement de Rabat et sa persistance dans sa politique répressive.

Les 24 et 25 mai courant, une répression sauvage qui jette une fois de plus la lumière sur la nature du système d'occupation installé par le Maroc au Sahara Occidental et érigé en politique d'Etat s'est abattue sur des dizaines de sahraouis qui manifestaient pacifiquement et organisaient des sit-in pour réclamer la liberté d'_expression, le droit de circulation, l'établissement de la vérité sur le sort des disparus sahraouis qui se comptent par centaines depuis le début du conflit en 1975, la libértion des détenus politiques et le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination à travers l'organisation d'un référendum libre et décratique tel que préconisé par toutes les résolutions des Nations Unies.

Suite à ces manifestations, les campagnes coutumières de répression ne se sont pas fait attendre puisque l'armée marocaine et les réseaux policiers renforcés à l'occasion ont procédé aux quadrillages de plusieurs villes sahraouies, notamment les principaux quartiers et artères d'El Aiun. La répression aveugle des autorités marocaines a engendré un grand nombre de blessés parmi les activistes sahraouis des droits humains dont quelques uns se trouvent dans un état très grave. L'on déplore, également des disparus parmi les personnes qui avaient manifesté.

Le bilan provisoire consécutif l'intervention barbare des forces de l'ordre marocaines fait état de 26 blessés, dont 03 mineurs, 20 arrestations et 15 maisons saccagées.

Ces pratiques répressives constituent un réel danger pour la paix car tous les efforts entrepris jusqu'à là par la Communauté internationale et qui visent pour l'essentiel à réunir les conditions propices à l'exercice par le peuple sahraoui de son droit à l'autodétermination ont abouti à l'adoption, le 31 juillet 2003, du « Plan de paix pour l'autodétermination du peuple sahraoui » ou Plan Baker II, lequel a été refusé par le Maroc tout comme il a refusé par le passé le Plan de règlement approuvé par le Conseil de sécurité (1990/91). Aujourd'hui, il défie un peu plus la Communauté internationale en refusant de souscrire au principe même du référendum.

En procédant au quadrillage du Sahara Occidental devant la presse internationale, le Maroc viole chaque jour les droits de l'homme et mène une politique de peuplement et d'assimilation tendant à dénaturer les fondements démographiques du territoire.

Les manifestants sahraouis, fortement réprimés n'ont fait que réclamer leurs droits légitimes et ce, par les moyens pacifiques . De ce fait, Il incombe aux Nations Unies dont les casques bleus se trouvent sur le terrain depuis 14 ans de mettre des mécanismes d'action concrète afin que les droits fondamentaux à la liberté et à la sécurité, reconnues à tous conformément à toutes les conventions en vigueur puissent être, également respectées au Sahara Occidental.

L'Organisation des Nations Unies qui a une immense responsabilité dans la protection des populations civiles sahraouies vivant dans les territoires sous occupation marocaine est vivement interpellée pour faire davantage de pression sur le Maroc afin qu'il se conforme à la légalité internationale en acceptant le processus de paix en cours et l'organisation d'un référendum d'autodétermination juste et équitable pour le peuple sahraoui.

Genève, le 27 mai 2005

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