Observatoire des Ressources du Sahara Occidental -Western Sahara Resource Watch - WSRW

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Original: Englisch

Rotterdam, Pays-Bas, Delémont, Suisse, le 28 février 2005

 

Une campagne internationale s'adresse aux actionnaires de Kerr-McGee pour arrêter les activités au Sahara Occidental occupé

 

L'Observatoire des Ressources du Sahara Occidental (Western Sahara Resource Watch - WSRW), qui représente des organisations dans un vingtaine de pays de par le monde, a déclenché aujourd'hui une nouvelle campagne contre la compagnie pétrolière américaine Kerr-McGee (KMG). Cette entreprise basée à Oklahoma City s'est engagée dans le pillage des hydrocarbures dans le territoire (offshore) du Sahara Occidental occupé par le Maroc, malgré le caractère illégal et en dépit d'aspects contraires à l'éthique et politiquement controversés de ces activités.

Le Maroc occupe depuis 1975 le Sahara Occidental, en violation de la légalité internationale, et le peuple du territoire lutte sous la direction du Front Polisario pour réaliser son droit a l'autodétermination et à l'indépendance. Depuis 2001, Kerr-McGee a entrepris l'exploration pétrolière des eaux territoriales du Sahara Occidental, sous contrat avec l'entreprise étatique marocaine ONAREP (l'actuelle ONHYM). Le 27 février, le mouvement de solidarité avec le peuple du Sahara Occidental a commencé de contacter les quelque 600 actionnaires les plus importants de KMG, leur demandant de s'activer pour convaincre la compagnie de ne pas renouveler son contrat quand il expirera le 1er mai.

Le Sahara Occidental est la dernière colonie d'Afrique. Après avoir mené une mission d'enquête dans ce territoire, en mai 1975, les Nations Unies ont constaté que la majorité écrasante de la population soutenait massivement le mouvement de libération Polisario et se prononçait catégoriquement en faveur de l'indépendance et contre l'intégration du territoire au Maroc. Mi-octobre de cette même année, la Cour Internationale de Justice donnait son avis selon lequel le peuple du Sahara Occidental a le droit à l'autodétermination, option de l'indépendance inclue.

Le Maroc rejetait l'avis de la Cour et envahissait le territoire, à partir du 1er Novembre 1975 - ce qui engendra la fuite massive de la population vers l'Algérie, où elle trouva refuge. Par la suite le Maroc a refusé, en 1991, d'appliquer le plan de paix des Nations Unies; ce plan prévoyait la tenue d'un référendum qui permettrait au peuple sahraoui de choisir entre l'indépendance et l'intégration au Maroc. Le vice-secrétaire de Nations Unies pour les Affaires Juridiques, Hans Corell, a confirmé en 2001 que le statut du Sahara Occidental est celui d'un territoire non-autonome et que toute exploitation des hydrocarbures du territoire serait illégale.

« Il est remarquable que Kerr-McGee ne comprend toujours pas les dimensions humanitaires, juridiques et politiques catastrophiques qu'il engendre pour le peuple sahraoui. Depuis 3 ans, la compagnie refuse d'entendre nos arguments. Nous espérons maintenant obtenir un appui de la part de ses actionnaires, » a declaré Richard Knight, membre de l'Assocation of Concerned Africa Scholars (Association de chercheurs universitaires africanistes engagés) et porte-parole de Western Sahara Resource Watch.

La campagne demande aux actionnaires de jouer un rôle actif en tant qu'investisseurs, et d'user de leur influence sur KMG pour que celui-ci ne renouvèle pas son contrat, le 1er mai. Si la pression constructive des actionnaires ne parvient pas à changer la politique de KMG, la campagne appellera les investisseurs à se désinvestir.

Des compagnies séismique norvégienne et néerlandaise ont déjà renoncé à de nouvaux  engagements au Sahara Occidental, vu les implications politiques des contrats. Cela a eu lieu après la manifestation active de leurs actionnaires qui s'est traduite en des dizaines de ventes d'actions au cours des années passées. De plus, une entreprise séismique danoise ainsi qu'une compagnie pétrolière française ont abandonné leurs activités dans le territoire, ce qui fait de Kerr-McGee la dernière compagnie étrangère encore impliquée.

L'administrateur de fonds norvégien Skanefondene est l'un des grands actionnaires de Kerr-McGee qui s'est débarrassé de ses 100.000 actions, malgré des pertes d'un montant de deux millions de dollars. En raison de la publicité négative qu'apportent les activités de Kerr-McGee dans les territoires occupés, ils ont considéré ces actions comme trop risquées. Et actuellement c'est le fond norvégien Petroleum Fund, propriété de l'Etat norvégien, qui envisage de vendre ses actions KMG (d'une valeur estimée à 7 millions de dollars).

« La campagne contre Kerr-McGee a engendré une mobilisation impressionnante de par le monde. En ce moment, 19 organisations dans quatre continents ont commencé simultanément à contacter les actionnaires de KMG dans leur pays. Le mois passé, nous avons contacté tous les bureaux-conseil d'investissements éthiques, pour leur demander de recommander à leurs clients la vente des actions KMG. Chercher le contact direct avec les actionnaires est un pas logique dans notre stratégie, » explique Liesbeth den Haan, présidente de la Fondation Néerlandaise pour l'autodétermination du peuple sahraoui.

Aucun pays ne reconnaît la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental. L'état sahraoui proclamé par le Polisario est membre fondateur de l'Union Africaine et a été reconnu par 70 pays dont l'Afrique du Sud; son gouvernement en exil a fortement critiqué le contrat de KMG avec le Maroc.

Le pillage des hydrocarbures que le Maroc entend commettre est immoral et illégal.

Depuis la signature par KMG du contrat de reconnaissance avec ONAREP, en 2001, le Maroc entrave le processus de paix initié par les Nations Unies. Le Maroc a même rejeté un plan très avantageux pour lui élaboré par l'ancien Secretaire d'Etat US James Baker.

Les activités de Kerr-McGee bloquent les efforts de paix et contribuent à accroître la tension dans la région. Si Kerr-McGee s'entête, des possibilités de démarches juridiques contre la compagnie sont tout à fait envisageables, et nous recommandons vivement à Kerr-McGee de ne pas renouveler son contrat. Nous sommes convaincus que nos actions amèneront Kerr-McGee à se retirer  comme toutes les autres. La question est de savoir comment et quand, » a déclaré Jacob Mundy, fondateur de l'organisation Friends of Western Sahara (Amis du Sahara Occidental )

Pour plus d'informations, pour recevoir le texte integral de la letttre aux actionnaires, nous vous prions de contacter:

Richard Knight (New York, USA) tel (+1) 212-663-5989 

Jacob Mundy (Seattle, USA) tel (+1) 206-329-1341

Tom Marchbanks ˆ Western Sahara Campaign (UK) tel (+44) 794-955-6718 

Liesbeth den Haan (Holland), tel (+31) 610858899, 

Marie-Claire Martinoli, (Suisse) 

Cette action fait partie d'une campagne globale et coordonnée de Western Sahara Resource Watch, qui regroupe des organisations qui travaillent pour la préservation des ressources naturelles au Sahara Occidental au bénéfice de son peuple, selon le principe de la souveraineté permanente sur les ressources naturelles en tant que droit de caractère erga omnes stipulé par plusieurs résolutions des Nations Unies et documents internationaux des droits de l'homme.


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