COMMUNIQUES OCTOBRE 1995 (2)


10 octobre 1995:

COMMUNIQUE du Ministère de l'Information de la RASD

Dénonciation de ruptures marocaines du cessez-le-feu

Depuis quelques semaines des mouvements de troupes marocaines sont signalés à l'intérieur du Sahara occidental. Le Ministère précise, aujourd'hui, qu'il s'agit de renforcement de différentes unités, particulièrement celles des sous-secteurs du nord-est, en m matériel et en hommes, en provenance du territoire marocain.
Une telle action, outre la violation flagrante qu'elle constitue pour le cessez-le-feu, est une provocation gravissime à un moment où le Maroc bloque le processus d'identification pour imposer aux Nations unies une liste supplémentaire de 100'000 Marocains, en plus des citoyens marocains déjà implantés dans le territoire.
L'intention déclarée du Roi Hassan II de se rendre, durant le mois de novembre, dans les territoires occupés du Sahara occidental, complète le tableau et montre, une fois de plus, les intentions belliqueuses du Maroc et son mépris des décisions de la Communauté internationale et singulièremenbt du Conseil de sécurité en faveur d'un référendum d'autodétermination libre et juste du peuple du Sahara occidental.
Les desseins du Maroc sont clairs: Non au référendum d'autodétermination, Non à l'arbitrage du Secrétaire général de l'ONU et du Conseil de sécurité... La seule politique qui vaille est la consolidation du fait accompli, le déni des droits du peuple sahraoui, même au prix de la déstabilisation de toute la région.
Le Front POLISARIO, conscient des conséquences fâcheuses pour les efforts de paix en cours qui peuvent résulter des initiatives inacceptables des autorités marocaines, appelle le Secrétaire général de l'ONU et le Conseil de sécurité à intervenir pour mettre un terme à cette escalade et demander au Roi du Maroc de s'abstenir d'entreprendre toute action ou initiative qui peut contribuer à saper l'oeuvre de paix entamée.
Le Front POLISARIO, enfin, ne peut rester les bras croisés devant les provocations marocaines et partant se réserve le droit de riposter si le Maroc persévère dans sa politique de fuite en avant.


8 octobre 1995:

Communiqué du Ministè de l'Information de la République Arabe Sahraouie Démocratique

Visite du Roi du Maroc à El-Aaiun occupé: protestation

Le Président Mohamed Abdelaziz, Président de la RASD, Secrétaire général du Front POLISARIO, a adressé la lettre ci-dessous, ayant trait à la visite annoncée du Roi du Maroc à El-Aaiun occupé le 6 novembre prochain, aux Secrétaires généraux de l'ONU et de l'OUA, au Président et aux membres du Conseil de Sécurité:

"Le Roi du Maroc, par la voix de son Ministre de l'Intérieur, vient d'annoncer son dessein de visiter au mois de novembre les territoires occupés du Sahara occidental.
Dans le prolongement de son action préméditée de dépouiller le plan de règlement, de le fragiliser, le Maroc tente aujourd'hui de forcer la main à l'ONU en lui imposant une liste supplémentaire de 100'000 citoyens marocains, en sus des vagues de Marocains déjà implantés dans les territoires qu'il occupe.
De même qu'il essaie de réduire au silence les populations sahraouies qui y vivent par un système de terreur et de répression impitoyable... Et maintenant le Roi entend franchir un pas supplémentaire dans l'escalade par sa décision de se rendre dans les territoires occupés.
Ce, au moment même où l'ONU est présente sur le terrain à travers la MINURSO, et alors que la Communauté internationale est engagée dans l'opération de paix au Sahara occidental.
Cette attitude du Maroc dénote le peu de cas qu'éprouve le Maroc à l'égard de l'ONU et vis-à-vis de la Communauté internationale en général.
Si le Roi du Maroc vient à mettre à exécution son projet, cela constituerait un acte de guerre qui pourrait réduire à néant tous les efforts entrepris jusqu'ici dans le cadre de la mise en application du plan de règlement
Il s'agira ni plus ni moins d'un prélude à la reprise des hostilités. Pour conjurer les démons de la guerre, pour éviter aux peuples sahraoui et marocain, à la région et surtout aux efforts en cours, le pire, il serait de la plus grande urgence d'exiger du Roi l'abandon de son projet, de surseoir à sa décision.
Encore une fois l'ONU et surtout le Conseil de sécurité laisseront-ils faire, sous peine d'entacher leur crédibilité... L'action du Maroc au Sahara occidental constitue un défi, une atteinte à leur autorité.
Le Gouvernement sahraoui, le Front POLISARIO pour ce qui les concernent veulent alerter l'opinion internationale et mettent en garde contre les agissements du Maroc qui sapent l'oeuvre de paix déjà entamée.
Ils ne permettront pas que les desseins d'occupation, de consécration du fait accompli puissent être poursuivis dans l'impunité. Ils se réservent le droit de riposter à la politique d'annexion et de répression. Lorsque la force prime sur le droit, celle-ci ne peut rester l'apanage du seul Maroc. Le peuple sahraoui défendra mordicus sa dignité , ses droits.
L'ONU, son Conseil de sécurité qui sont investis de la mission de protéger la légalité, de défendre le droit au Sahara occidental, se doivent d'agir avec fermeté et diligence auprès du Maroc pour le contraindre à respecter la légalité et à se conformer à la volonté de la Communauté internationale. Sachant votre attachement à une solution pacifique, juste et durable du conflit du Sahara occidental, nous pourrons compter sur vous, et vous prions d'agréer l'expression de nos sentiments distingués."


7 octobre 1995:

COMMUNIQUE du Ministère de l'Information de la République Arabe Sahraouie Démocratique

La cause sahraouie à l'ONU

A l'occasion de la 50ème session de l'Assemblée générale de l'ONU, la cause du peuple sahraoui continue de soulever l'attention de la communauté internationale.

Au Conseil de sécurité: Celui-ci a examiné le 6.10. les derniers développements du processus de paix au Sahara occidental. Plusieurs membres du Conseil ont, à cette occasion, demané des clarifications au Secrétariat général de l'ONU, représenté à cette réunion par le Conseiller politique du Dr Boutros-Ghali, suite à la publication du rapport de l'organisation américaine "Human Rights Watch".

A l'Assemblée générale: plusieurs pays ont exprimné leur préoccupation quant aux obstacles érigés par le Maroc devant l'application du plan de règlement qui prévoit la tenue d'un référendum juste et régulier au Sahara occidental.

Ainsi, en plus de l'Algérie, l'Union Européenne, l'Argentine, l'Angola, le Paraguay, le Mali et l'Afrique du Sud, le Ministre des Affaires étrangères du Malawi a déclaré en plénières de cette assemblée:

"Le Gouvernement du Malawi est préoccupé par la lenteur du processus d'identification des votants au Sahara occidental. Nous apprécions les efforts des Nations unies pour proroger (le mandat) de la MINURSO comme un signe d'engagement authentique en vue de résoudre ce long conflit. On doit cependant noter que sans la volonté des principales parties au conflit, les efforts en cours resteront vains. Nous appelons par conséquence le gouvernement du Royaume du Maroc d'octroyer la liberté à la Mission des Nations unies dans cette opération pour que la date limite de janvier 1996 pour la tenue d'un référendum soit respectée."

Pour sa part le Ministre namibien des Affaires étrangères a déclaré que "la décolonisation de l'Afrique n'est pas encore achevée. La Namibie soutient l'exercice dans les meilleurs délais par le peuple sahraoui de son droit à l'autodétermination sur la base d'un référendum libre, transparent et impartial sous la supervision conjointe de l'ONU et de l'OUA."
D'un autre côté, et en marge des travaux de cette session de l'Assemblée générale, la délégation sahraouie, conduite par M. Mohamed Salem ould Salek, Ministre conseiller à la Présidence de la RASD, poursuit ses rencontres avec les chefs des délégations présentes à cette session, parmi lesquels la Namibie, le Mozambique, le Lesotho, Sao Tomé et Principe, l'Egypte.
A signaler enfin, que la Quatrième Commission de l'Assemblée entamera le 9.10.1995 ses débats sur les questions de décolonisation dont celle du Sahara occidental, qui sera examinée en profondeur par cette commission.

2 octobre 1995: Interpellation au Parlement suisse. Question orale de la Conseillère nationale F. Bugnon, Parti des Verts, sur la visite de Hassan II à El Layoune.


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