25 avril 1997:

Ministère des Affaires étrangères de la République Arabe Sahraouie Démocratique

COMMUNIQUE DE PRESSE

Ce dimanche, le peuple et les autorités sahraouis recevront M. James Baker III, Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara occidental.

La mission assignée par S.E Kofi Annan, Secrétaire général de l'ONU, à son Envoyé personnel est fondamentalement d'essayer de faire sortir le plan de règlement de l'impasse dans laquelle il se trouve, depuis plus d'une année.

C'est l'occasion pour nous de dire toute notre considération et appréciation pour cette initiative de M.Kofi Annan qui dénote du sérieux avec lequel il compte prendre en charge le dossier du Sahara occidental.

Incontestablement en portant son choix sur la personne d'un homme d'Etat de l'envergure de M. Baker, le nouveau Secrétaire général de l'ONU fait montre de détermination pour voir ce problème de décolonisation trouver, enfin, une issue heureuse, conforme au droit et à la légalité internationale. Une solution qui met un terme à l'injustice et aux souffrances imposées, depuis plus de 20 ans, au peuple sahraoui par l'agression marocaine.

Ceci dit, nous considérons que le moment est crucial et délicat pour les perspectives de paix. Nous sommes aussi, comme toute la communauté internationale, profondément préoccupés par la stagnation de la situation et soucieux de contribuer à un déblocage rapide...

Pour ce faire, il est nécessaire d'avoir à l'esprit:

1- Que le plan de règlement ONU/OUA, fruit de longues et dures négociations, demeure le seul compromis auquel les deux parties ont souscrit car il présente un cadre de solution juste, pacifique et démocratique.

2- L'impasse actuelle est due à la conjonction de deux facteurs liés à l'attitude du Maroc et aux défaillances qui ont accompagné la mise en oeuvre du plan.

Le Front Polisario reste attaché à la tenue d'un référendum d'autodétermination libre, honnête et transparent; Le Maroc, quant à lui, cherche, par tous les moyens, à falsifier l'opération référendaire.

Malgré les concessions et les efforts consentis par le Front Polisario et notamment l'acceptation de commencer le travail d'identification sur la base du "compromis Boutros Ghali" relatif à l'interprétation et application des critères, le Maroc a fait preuve de manque de volonté politique et n'a cherché qu'à avoir une caution internationale pour son fait accompli colonial au Sahara occidental et, à défaut, à perpétuer une situation de ni guerre, ni paix .

En fait, la stratégie marocaine vise à:

1- Empêcher l'organisation par les Nations Unies d'un référendum d'autodétermination juste et libre .

2- Utiliser les Nations Unies uniquement pour le maintien du cessez-le-feu.

3- Impliquer certains pays notamment de l'Europe dans l'exploitation illégale des richesses du territoire.

4- Exploiter le mythe de la "stabilité" au Maroc pour neutraliser toute initiative diplomatique ou internationale de nature à h’ter l'application du plan et pour fermer la porte devant tout dialogue franc et direct avec le Front Polisario, de nature à débloquer la situation.

Le Maroc assume la responsabilité de la présente impasse. Les Nations Unies demeurent responsables de la décolonisation du Sahara occidental. La solution de ce conflit ne pourrait 'tre envisagée en dehors du cadre de l'exercice libre par le peuple Sahraoui de son droit inaliénable à l'autodétermination et à l'indépendance.

La présence de l'Envoyé personnel du Secrétaire général offre l'opportunité d'une évaluation de la situation. C'est avec plaisir que nous accueillerons M. Baker et notre disponibilité est entière à travailler pour baliser le chemin de la paix qui est le défi du moment.

Le, 25 avril 1997.


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