COMMUNIQUES AOUT et SEPTEMBRE 1995

25 septembre 1995: COMMUNIQUE de l'Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (AFAPREDESA)

Huit détenus sahraouis viennent d'entamer, à la prison de Salé (Maroc), une grève de la faim illimitée pour protester contre les conditions inhumaines de détention qui leur sont imposées.

Parmi leurs demandes figurent le droit à se rencontrer entre eux et leur transfert au centre de détention d'Agadir, où se trouvent incarcérés d'autres prisonniers sahraouis d'opinion.

Les huit détenus sahraouis sont:

Depuis leur arrestation arbitraire en mai 1995, ils sont systématiquement soumis à la torture et aux traitements cruels et dégradants.

Il faut également rappeler que ces huit jeunes Sahraouis avaient été condamnés à des peines allant de 15 à 20 ans de prison ferme le 21 juin 1995 par un tribunal militaire à Rabat lors d'un procès inéquitable et expéditif. Sous la pression internationale ces peines avaient été commuées à une année de prison ferme le 8 juillet dernier .

L'AFAPREDESA exprime sa grande préoccupation devant la grave situation des détenus sahraouis et demande aux défenseurs des droits de l'homme de s'associer à elle pour dénoncer énergiquement ces actes barbares et d'agir auprès des autorités marocaines afin qu'un terme soit mis aux violations des droits de l'homme au Sahara occidental.


22 septembre 1995: COMMUNIQUE du Ministère de l'Information de la RASD

Mise au point

Des rumeurs persistantes à Rabat, et répandues dans quelques capitales, font état d'une rencontre en cours à Lisbonne (Portugal) entre le Front POLISARIO et le Maroc.
Consulté à ce sujet par des diplomates, les autorités marocaines n'ont pas démenti la dite rumeur.
A rappeler que l'Assemblée générale de l'ONU, lors de sa 48ème session avait appelé les deux parties au conflit, le Front POLISARIO et le Maroc, à entamer un dialogue direct, sérieux et à un niveau responsable. Mais le Maroc a toujours refusé de se soumettre à cette volonté internationale.
Tout en démentant l'existence d'une telle rencontre, le Front POLISARIO réaffirme sa conviction que la négociation directe demeure la voie la plus appropriée et incontournable pour résoudre les problèmes en suspens qui entravent l'application du plan de paix de l'ONU et de l'OUA sur le Sahara occidental.


7 septembre 1995: COMMUNIQUE du Ministère de l'Information de la RASD

Le Président de la République Arabe Sahraouie Démocratique, Secrétaire Général du Front POLISARIO, Mr Mohamed Abdelaziz a reçu, hier, 6 septembre 1995, au siège de la Présidence, Mr Mahfoud Ali Beiba Premier Ministre de la République Arabe Sahraouie Démocratique.
A l'issue de cette audience, le Premier Ministre sahraoui a proposé, conformément à l'article 94 de la Constitution de la RASD approuvée par le IXè Congrès du Front POLISARIO, qui s'est tenu du 19 au 28 août 1995, la liste de son gouvernement qui a été approuvée par le Président de la République.
En voici la composition:


LISTE DES MEMBRES DE LA DIRECTION SAHRAOUIE, ELUS AU IXè CONGRES DU FRONT POLISARIO

  1. Mohamed Abdelaziz, Président de la RASD, Secrétaire Général du Front POLISARIO
  2. Mahfoud Ali Beiba
  3. Mohamed Lamine Ahmed
  4. Brahim Ghali
  5. Mohamed Lamine Bouhali
  6. Ayoub Lahbib
  7. Bachir Mustapha Sayed
  8. Abdelkader Taleb Oumar
  9. Bouchraya Hamoudi Beyoun
  10. Mohamed Salem Ould Salek
  11. Khalil Sidi M'Hamed
  12. M'Hamed Khadad
  13. Larabass Joumani
  14. Salem Lebsir
  15. Brahim Mohamed Mahmoud
  16. Mohamed Sidati
  17. Boukhari Ahmed
  18. Mansour Omar
  19. Aliyen Habib Kentawi
  20. Moustapha Sidi El Bachir
  21. Walad Moussa
  22. Abdallahi Lehbib
  23. Ahmed Fall Mohamed Yahdih
  24. Hamma Salama
  25. Mohamed Lamine Dadi
  26. El Ghazouani Ali Allali
  27. Hafdalla El Abd
  28. Mohamed Obeid
  29. Salma Mounak
  30. Abba Mohamed Mouloud
  31. Senia Ahmed Merhba
  32. Cheibani Abbas
  33. Ahmed Moulay Eli


27 août 1995: COMMUNIQUE du IXè Congrès du Front POLISARIO (Ministère de l'Information de la RASD)

Le Front POLISARIO a tenu son 9ème congrès, Congrès du martyr Cheikh Bachir Hammadi du 19 au 26 août 1995 sous le mot d'ordre "l'indépendance, par la voie pacifique ou par les armes". Les assises du 9ème Congrès ont été réunies alors que le monde connaît des changements politiques et économiques importants.
Au plan régional, l'on assiste à l'aggravation de la crise au Maroc et les tentatives désespérées de celui-ci de tirer avantage de la situation régionale ainsi que l'échec de son pari sur un changement des positions de principe des pays de la région concernant le conflit du Sahara Occidental.
Au plan national, la poursuite des efforts en vue de l'amélioration des conditions de vie de nos populations à travers le parachèvement; de projets à caractère socio-économiques pour pallier l'insuffisance de l'aide internationale.
Tels sont quelques-uns des aspects d'une situation générale et des défis auxquels est confronté notre peuple. Ainsi, le Congrès a pu procéder à l'examen approfondi de la situation présente dans toute sa complexité pour décider des voies et des moyens lui permettant de traduire dans le concret ses choix nationaux.
Après cinq jours de débat, les participants au Congrès peuvent se prévaloir d'un nombre de décisions et positions de nature à donner une impulsion à la lutte du peuple sahraoui pour son indépendance. Sans occulter les difficultés résultant d'un contexte exceptionnel, le Congrès se félicite cependant des progrès enregistrés aux plans social et politique.
Le Congrès salue l'armée de libération populaire sahraouie pour sa détermination en même temps que son esprit de retenue face aux violations incessantes du cessez-le-feu par le Maroc. Le Congrès s'est incliné, par ailleurs sur la mémoire des victimes de la répression marocaine, salue la résistance courageuse de nos population dans les territoires occupés et dénonce les violations systématiques des droits de l'homme qui y sont perpétrées. Il s'agit là d'une situation préoccupante qui interpelle la conscience universelle.
Le 9ème Congrès a aussi évalué 1'expérience organisationnelle pour adopter une série de mesures visant à renforcer les institutions sur lesquelles repose un Etat sahraoui de droit. Il se félicite donc de 1'expérience démocratique de notre peuple.
Le Congrès; a arrêté un programme d'action nationale adapté aux exigences de la phase actuelle de la lutte de notre peuple. Il a procédé à l'examen de la constitution, garante des droits fondamentaux des citoyens et des libertés politiques. Il s'agit ici de renforcer les instruments de résistance de la lutte de libération du peuple sahraoui.
Au plan diplomatique, le le Plan de règlement élaboré par l'ONU en collaboration avec l'OUA a fait l'objet d'un long débat.
Bien que le Front POLISARIO ait démontré sa bonne volonté en coopérant pleinement à la mise en application du dit plan, le Maroc, quant à lui, a persisté dans sa politique délibérée d'obstruction, ce qui continue à mettre à rude épreuve l'oeuvre de paix au Sahara occidental.
Les violations répétées du cessez-le-feu, le transfert massif des dizaines de milliers de marocains dans les villes occupées du Sahara occidental, les entraves au travail de la Commission d'Identification, l'impuissance de la MINURSO face aux agissements du Maroc, la recrudescence de la répression à l'encontre des populations sahraouies, sont autant de comportements graves qui hypothèquent sérieusement les chances d'une paix juste et durable au Sahara occidental.
Le Front POLISARIO renouvelle sa volonté de privilégier la solution du conflit du Sahara occidental par la voie pacifique, conformément au Plan de Règlement ONU-OUA tel qu'il a été accepté par les deux parties, d'où l'importance et la nécessité impérieuse d'une action résolue de la Communauté internationale envers le Maroc pour l'amener à se conformer aux dispositions pertinentes de ce plan.
Le Congrès prend à témoin la Communauté internationale sur les risques et les dangers qui découleront d'un non respect de l'esprit et de la lettre du Plan de règlement sur le Sahara occidental.
Eu égard à la complexité de la situation, le Congrès a décidé de mandater la nouvelle direction nationale pour prendre les décisions appropriées que requiert l'évolution de la situation.
Le 9ème Congrès exprime sa gratitude à tous ceux qui ont manifesté leur solidarité à l'endroit de la cause sahraouie, comme il exprime sa reconnaissance à l'Algérie, aux mouvements de soutien et à tous ceux qui appuient le droit légitime du peuple sahraoui. Dans ce cadre, il se félicite de la reconnaissance de la République Sahraouie par le Malawi et par l'Afrique du Sud.
Le Congrès lance un appel pressant à la Communauté internationale pour qu'elle intensifie son action afin d'amener le Maroc à accepter la voie de la légalité et du droit.
Enfin le Congrès appelle tous les Sahraouis à se mobiliser davantage pour remporter la bataille décisive afin de parachever l'indépendance nationale.
Commentaire


17 août 1995: COMMUNIQUE du Ministère de l'Information de la RASD

En réponse à une lettre du Président Mohamed Abdelaziz, adressée le 18 juin dernier à son Excellence Nelson Mandela, Président de la République de l'Afrique du Sud, ce dernier, tout en transmettant "les salutations chaleureuses de mon peuple à vous-même et au peuple de la République Sahraouie", rappelle les liens d'amitiés entre les deux peuples, "forgés dans la lutte commune et la solidarité".
Le Président Mandela a donné, par ailleurs, des instructions pour que "des dispositions soient immédiatement prises en vue de l'établissement des relations diplomatiques" entre l'Afrique du Sud et la RASD, dans le cadre de la consolidation des relations et de l'approfondissement de l'amitié entre les deux peuples.
La décision de l'Afrique du Sud de reconnaître la République Sahraouie, notifiée par son Président Mandela dans sa lettre de juin 1995, consacre les liens cimentés dans le combat commun pour la liberté, la paix et la démocratie.


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