17 mars 1996:
COMMUNIQUE de la Coordination européenne de soutien au peuple sahraoui
BUREAU DES DROITS DE L'HOMME
GENEVE

Violations des droits de l'homme dans les territoires occupés

Les nouvelles reçues de l'AFAPREDESA des territoires occupés sont de plus en plus inquiétantes. Les autorités marocaines poursuivent toujours leur politique de répression. En effet, un nouvel assassinat vient d'être commis le 8 mars 1996. Cette fois-ci, il s'agit d'un enfant sahraoui de 15 ans. Il s'appelle Mouloud Sid Ahmed Alamin et il était élève au collège du quartier de la coopération Der Aidek à El Ayoun. L'auteur du crime n'est autre que son soi-disant professeur, un dénommé El Makaoui. Celui-ci aurait frappé de façon barbare l'enfant sans défense. Les coups de bâton infligés au jeune garçon et tout particulièrement ceux qui ont atteint sa tête ont été fatals. L'enfant serait mort sur le champ.
D'autre part, les autorités marocaines continuent à harceler les citoyens sahraouis et tout particulièrement les anciens disparus. Ainsi, le pacha de la ville de El Ayoun occupée a interdit à tous les anciens disparus de professer leur métier de chauffeur de taxi. Ceux qui parmi eux gagnaient ainsi leur pain quotidien ont été purement et simplement licenciés.
Au début de l'année en cours, un témoin oculaire (qui préfère garder l'anonymat) aurait vu Monsieur Hassana Omar Skana dans un bâtiment de la prison civile de Kenitra. M. Hassana est un des Sahraouis disparus à la suite de leur arrestation par les forces d'occupation marocaines. Hassana Omar Skana est né en 1949 à El Ayoun. En 1987, il était employé de la ville de Smara. La même année, il fut appelé pour poursuivre un stage de formation professionnelle à Casablanca. C'est dans cette ville qu'il aurait disparu à la suite de son enlèvement par des éléments armés habillés en civils. Il s'agirait de la DST marocaine. Depuis sa famille aurait perdu sa trace malgré les recherches engagées.Le témoin affirme que M. Hassana serait encore en vie, mais qu'il est dans un mauvais état de santé à cause des dures conditions de détention et la torture qu'il aurait subie. Selon le même témoin, d'autres disparus sahraouis seraient détenus avec lui. Mais il n'est pas en mesure d'indiquer ni leur nombre, ni leurs identités.
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