19 novembre 1995: COMMUNIQUE de l'Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (AFAPREDESA)

Appel à toutes les organisations de défense des droits humains pour une action urgente au Sahara occidental

L'AFAPREDESA est très préoccupée par la recrudescence des violations des droits humains dans les territoires occupés du Sahara occidental. En effet,,les autorités marocaines continuent de violer systématiquement et en toute impunité les droits de l'Homme et les libertés fondamentales des citoyens sahraouis.
Au début de ce mois de novembre des dizaines de citoyens sahraouis ont été arrêtés et torturés dans le centre de détention secret de PC CMI (Poste de Commandement des Compagnies Mobiles d'Intervention) à El Ayoun. Parmi eux figurent:

  1. Fatma ZAAR
  2. Mohamed HAMDI
  3. Gleimina Tayeb YAZIDI
  4. Alamine Abdelkader DAAGUI
  5. Bamba Mohamed GAY
  6. Mohamed Salem ABDELHAY
  7. Mokhtar JNAH
  8. Bachir Atman L'Hossein LEKHFAOUINI
  9. Mohamed Fadel BOUSSOULA
  10. Brahim SBAAI
  11. Bachir Ali Saleh ABBATI
  12. Sid Ahmed FAL
  13. Abdellah Moulay Ahmed GHICHIOU
  14. Boujemaa KADAR

La plupart de ces citoyens sont d'anciens prisonniers d'opinion et avaient déjà été détenus pendant plusieurs années dans des centres secrets, dont celui de Kalaat M'Gouna, Agdz, Skoura,... L'AFAPREDESA craint qu'ils ne disparaissent à nouveau.
D'autre part un ancien disparu, Mohamed El Bachir Moulay Ahmed (LEILI) a été assassiné à la suite de son enlèvement par des éléments de la DST (Division de la Sécurité du Territoire) marocaine le 25 octobre 1995. Ce n'est que le 29 octobre que la police marocaine affirme avoir trouvé le corps de la victime sur la plage d'El Ayoun. Sa famille a constaté les traces de tortures sur le corps de la victime. Ses habits et ses chaussures étaient déchirés et des traces de sang étaient encore visibles sur son corps.
Rappelons que le jeune Mohamed El Bachir avait déjà été arrêté en 1984 par la DST marocaine et mis en isolement au sinistre bagne secret de Kalaat M'Gouna. Pendant de longues années, il a été enchainé et constamment torturé. Ce n'est qu'en juin 1991 qu'il a été libéré grâce à la campagne mondiale contre les arrestations arbitraires et les disparitions forcées au Sahara occidental. Dix-sept autres membres de sa famille dont son père, sa mère, sa soeur, ses frès... ont été arrêtés pour la plupart au début 1976. Son père feu Moulay Ahmed (LEILI) est décédé le jour même de sa libération le 22 juin 1991. Depuis, le reste de la famille est soumis à résidence surveillée.
L'AFAPREDESA dénonce avec vigueur ces flagrantes violations des droits de l'Homme dans les territoires occupés du Sahara occidental, et tient les autorités marocaines pour responsables de ces atteintes à la vie et la dignité de l'être humain.
L'AFAPREDESA lance un appel urgent à toutes les organisations de défense des droits humains et à la Communauté internationale, pour la création, de toute urgence, d'une commission indépendante pour s'enquérir de ces crimes contre l'humanité et déterminer les responsables de ces exactions.
L'AFAPREDESA lance également un cri de détresse à la MIssion des Nations Unies pour le Référendum au Sahara occidental (MINURSO) et à la communauté internationale pour qu'elles prennent leurs responsabilités en exigeant la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers et disparus sahraouis, et en fournissant la protection nécessaire aux citoyens sahraouis, et tout particulièrement les rescapés des centres de détentions secrets.


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