(...) Aujourd'hui, 19 juillet 1995, les CLCRM ont eu connaissance de l'identité de cinq autres personnes arrêtées fin juin à LAAYOUNE. Il s'agit de:
Extrêmement préoccupés par l'intensité
de la répression qui prévaut au Sahara occidental, et
en particulier dans la ville de LAAYOUNE,
les Comités de lutte contre la répression au Maroc
(CLCRM),
Comités de Lutte Contre la
Répression au Maroc (Paris), 21 ter rue Voltaire, F-75011
Paris
Tél. 0033 1 44 93 54 63
Fax 0033 1 43 72 15 77
Après avoir été reçu, le 13 juillet 1995 par
le Président du Conseil de sécurité, M. Bachir
Mustapha Sayed (...) a été reçu également
par tous les membres du Conseil réunis au siège des Nations
unies auxquels il a fait un exposé détaillé sur
les derniers développements et les perspectives du Plan de
Règlement.
L'envoyé spécial du Président de la
République Sahraouie a mis en exergue les problèmes et dangers
qui planent sur le processus et qui sont inhérents à
l'intransigeance, aux provocations et à la politique de
répression marocaine contre nos populations dans les zones
occupées.
Tout en lançant un appel au Conseil de sécurité
pour qu'il déploie tous les efforts nécessaires afin
d'assurer le contrôle et la crédibilité de
l'application du Plan de Règlement, le Coordinateur sahraoui avec la
MINURSO a réaffirmé la ferme volonté du peuple
sahraoui de continuer, par tous les moyens, sa résistance
légitime. "Si le Front POLISARIO a accepté le Plan de
Paix, déclara-t-il en substance, ce n'était nullement
par faiblesse ou résignation devant une quelconque
supériorité de la puissance occupante, mais par
conviction dans la force du droit".
Après avoir énuméré les obstacles dressés
devant l'opération d'identification par la partie marocaine,
dans l'intention expresse d'imposer la fraude et donc l'échec
des Nations unies, l'envoyé spécial du Président
a mis en relief les problèmes non encore résolus concernant
l'étape tant transitoire que
post-référendaire.
M. Sayed a terminé son exposé en exhortant les membres
du Conseil pour que ce dernier puisse suivre avec assiduité ce
processus et lui assurer la transparence et la
crédibilité requises, afin que le
référendum du peuple du Sahara occidental soit, comme
l'exige le Conseil dans sa dernière résolution, libre, juste
et impartial, conditions essentielles pour assurer la paix et la
stabilité dans la région.
Plusieurs ambassadeurs représentant des pays membres, parmi
lesquels les USA, l'Allemagne, l'Argentine et le Botswana ont
exprimé, comme l'avait fait auparavant le Président du
Conseil, leur satisfaction après le geste du Front POLISARIO et
affirmé l'attachement du Conseil à organiser un
référendum d'autodétermination libre et
honnête.
Le vendredi 14 juillet, l'envoyé du Président a
rencontré les Secrétaires généraux
adjoints de l'ONU, notamment MM. Garekhan, Kofi Anan et Goulding,
chargés respectivement du Conseil de sécurité,
des Opérations de maintien de la paix et des Affaires
politiques.
Notons également que le Représentant du Front POLISARIO
à New York, M. Boukhari Ahmed, est intervenu le même
jour devant le Comité spécial chargé de la
décolonisation, qui a inscrit la question du Sahara dans son
ordre du jour.
Au cours de sa réunion extraordinaire du 9 juillet 1995, le Secrétariat national du Front Polisario a procédé à un examen de la mise en oeuvre du plan de règlement, des développements de la situation dans les territoires occupés ainsi qu'aux récentes délibérations du Conseil de sécurité consécutives à la visite efffectuée dans la région par une mission du Conseil.
Les efforts appréciables déployés par certains états membres du Conseil de sécurité afin que le Maroc reconsidère immédiatement ses décisions arbitraires, l'adoption de la résolution 1002 (1995) le 30 juin dernier, l'intervention de pays amis et les délibérations positives de la 31ème session de la Conférence au sommet des chefs d'Etat et de Gouvernement de l'OUA, sont venus conforter notre conviction propre qu'une action déterminée et sincère en vue de la préservation du plan de règlement et de la garantie de sa mise en oeuvre scrupuleuse et transparente peut et doit être menée à bien.
C'est dans cet esprit que le Front Polisario a décidé de poursuivre sa participation aux travaux de la commission d'identification.
Cette décision implique, à l'évidence, que la démarche des Nations unies soit guidée par le souçi d'assurer l'équité dans le traitement des deux parties, ainsi que par la crédibilité et la viabilité de l'ensemble du processus de règlement.
Elle suppose également que, dans cette mission de décolonisation qui relève de la responsabilité première des Nations unies, le peuple du Sahara occidental demeure seul habilité à décider de son avenir. Aussi, considère-t-il comme inacceptable la participation de populations de substitution, comme tend à le faire admettre la puissance occupante, dont la dernière initiative vise à inscrire 100'000 de ses nationaux sur les listes électorales.
Elle implique, en outre, que la commission d'identification fasse preuve de la plus grande rigueur dans le traitement des demandes de participation au référendum en s'appuyant sur l'existence de preuves irréfutables et du témoignage concordant des chefs de tribu.
Elle exige, enfin, que les Nations unies affirment leur autorité dans le territoire et assument, pleinement, toutes les responsabilités qui lui ont été confiées par le plan de règlement et singulièment le contrôle des frontières internationales du territoire et la transparence durant toutes les étappes du processus, tout en veillant à la garantie des droits de l'homme et des libertés fondamentales et au respect, par la puissance occupante, des normes impératives du droit humanitaire international contenues dans les Conventions de Genève de 1949.
C'est à ce prix que les Nations unies pourront
rétablir la confiance et contribuer, d'une manière effective,
à un règlement juste et durable du conflit du Sahara
occidental.
Le roi Hassan II a donné des instructions pour réduire de 20 à 1 an la peine d'emprisonnement de huit jeunes Sahraouis condamnés le 21 juin par le tribunal militaire de Rabat.
Les jeunes Sahraouis, jugés pour avoir organisé une manifestation de soutien au Front POLISARIO le 11 mai dernier à El Ayoun, avaient été condamnés à des peines allant de 15 à 20 années de prison ferme.
Ils étaient poursuivis pour "atteinte à la sécurité extérieure de l'Etat et à l'unité territoriale du Maroc" pour avoir, notamment, manifesté, distribué des tracts et lancé des slogans tels que: " La patrie ou le martyre, Que vive la République Arabe Sahraouie Démocratique".
La RASD a été proclamée en 1976 par le Front POLISARIO qui revendique également la souveraineté sur le Sahara Occidental, ancienne colonie espagnole.
Le souverain marocain a pris cette mesure, annoncée le jour même de la fête de la jeunesse coïncidant avec son 66ème anniversaire, après avoir reçu un message sollicitant la grâce royale des pères et tuteurs de ces jeunes qui ont été condamnés pour ces "actes graves", a-t-on précisé de même source.
Dans ce message publié par l'agence MAP, les pères et tuteurs sollicitent la grâce royale pour "les huit prisonniers qui viennent d'être condamnés par le tribunal militaire pour pillage, atteinte et incendie de la propriété d'autrui, vol qualifié et autres actes criminels graves qu'ils ont commis par manque de maturité leurrés par une propagande mensongère".
L'Organisation Marocaine des Droits de l'Homme avait jugé,
dans un communiqué publié la semaine dernière;, que les
peines prononcées contre ces jeunes Sahraouis "ont
été particulièrement sévères" et "sont sans
commune mesure avec les faits qui leur ont été
reprochés".
Les villes occupées du Sahara occidental, et principalement El Ayoun la capitale du territoire, demeurent, depuis le début du mois de mai1995, le théâtre d'une intense campagne de répression menée par les autorités marocaines contre nos populations civiles qui continuent de défier la réaction démesurément violente du gouvernement marocain et sa persistance dans sa politique répressive.
Après la série d'arrestations qui ont touché particulièrement les jeunes suite aux manifestations pacifiques organisées à El Ayoun, et au cours desquelles des slogans demandant la libération des détenus politiques, l'arrêt des perquisitions et l'organisation d'un référendum libre et impartial ont été scandés, les autorités marocaines d'occupation continuent de resserrer l'étau autour de nos populations civiles dans les différentes villes du territoire sahraoui.
En effet, le nom de Khadidja Ali Embarek, âgée de 50 ans, vient s'ajouter à la liste déjà longue des incarcérés, tandis que le citoyen Mohamed El Abd Hafed, âgé de 65 ans et responsable adjoint de la Municipalité a été retrouvé, tôt dans la matinée du 5 juillet, égorgé et gisant dans une mare de sang dans son magasin.
Face à cette situation, la communauté internationale
et les forces éprises de paix sont appelées une fois de
plus à venir à la rescousse des populations sahraouies
victimes d'une répression aveugle.
Suite à la
condamnation
illégale par le tribunal militaire de Rabat de 8 jeunes
Sahraouis à de lourdes peines, et dont les mobiles
n'échappent à personne, car s'inscrivant dans la
politique marocaine de répression, d'intimidation et de
terreur qui s'abat sur le territoire, et après la décision du
gouvernement de Rabat de vouloir forcer la main des Nations Unies en
imposant un corps électoral étranger constitué
de 100 000 personnes, le Président Mohamed Abdelaziz a
envoyé la présente lettre à M. Liamine Zeroual,
au Président Mauritanien, aux Secrétaires
Généraux de l'ONU et de l'OUA et au Président du
Conseil de securité.
Monsieur,
Depuis la visite de la
mission du Conseil
de securité dans la région, deux faits ont tout
particulièrement choqué et bouleversé la conscience des
sahraouis. Il s'agit de:
Monsieur,
Le Front POLISARIO condamne énergiquement ces deux forfaits
qui constituent une violation flagrante de l'esprit et de la lettre
du Plan de Règlement et affectent sérieusement la confiance
des Sahraouis dans le processus de mise en application en cours.
Le Front POLISARIO s'insurge contre ce comportement des
autorités coloniales marocaines tout comme il réprouve
la complaisance et l'impunité dont elles jouissent.
Face à cette situation gravissime, les autorités
sahraouies décident la suspension de leur participation
à l'operation d'identification en cours et, partant, de
rappeler les observateurs sahraouis jusqu'au rétablissement de
la crédibilité du processus de p aix qui passe par:
Monsieur,
Le peuple sahraoui n'a d'autres aspirations que jouir de son droit
à l'autodétermination, à l'indépendance
et vivre dans la paix retrouvée. Le Front POLISARI0 a fait
toutes les concessions et sacrifices possibles et imaginables dans le
but d'aboutir à une a pplication intégrale et juste du
Plan de paix tel qu'il a été accepté par
lui.
La coopération du Front POLISARIO avec l'ONU a
été, jusqu'à maintenant, totale et sincère Une
réaction prompte et efficace des Nations Unies dans le sens de
nos légitimes demandes ci-dessus énumerees lèvera
immanquablement les hypothèques existantes et créera une
atmosphère propice à l'entente, à la coopération
et, partant à la bonne marche du processus.
Veuillez reçevoir, Monsieur, les assurances de ma haute
considération.
Mohamed Abdelaziz, Président de la République Arabe
Sahraouie Démocratique
Plusieurs avions marocains ont survolé, lundi 12 juin 1995,
à 14 h 40 min., des positions sahraouies dans la région
d'Awadi au Sahara occidental (extrême sud-est, arso).
Cette nouvelle violation des termes du cessez-le-feu survient trois
jours seulement après la tournée effectuée par la
Mission du Conseil de sécurité dans la region.
Cette provocation, qui n'est pas la premiere du genre depuis le 6
septembre 1991 (date de l'entrée en vigueur du cessez-le-feu,
arso), démontre l'attitude belliciste du Maroc et
dénote une intransigeance vis-aà-vis de la
Communauté internationale qui peut, à tout moment,
dégénerer en entrainant une rupture du cessez-le-feu
dont la seule responsabilite incomberait au gouvernement du
Maroc.
Tout en protestant énergiquement devant le comportement du
Maroc, le gouvernement de la RASD appelle la Communauté
internationale, particulièrement l'ONU et le Conseil de
sécurité, afin qu'ils agissent promptement pour que le
plan de paix puisse être appliqué strictement et
intégralement.